Poésie romanesque

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Re: Poésie romanesque

Message par GARDELY » 21 janvier 2016, 19:04

Dona a écrit :
GARDELY a écrit :2/ Les Fleurs du mal (Baudelaire): non, pas lui....étudié au lycée, mauvais souvenir.... ou alors juste pour allumer le feu de camp...


Dis donc petite, t'as vu comment il s'appelle le forum ? :mrgreen:

Montparnasse va adorer cette réponse ! :mdr3:

Justement......J'attends.... de voir..... s'il a de l'humour..... ou s'il est juste chatouilleux de la plume..... tout cela étant écrit avec beaucoup de respect, bien sûr...! :merci:

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Re: Poésie romanesque

Message par Montparnasse » 21 janvier 2016, 22:41

Un autodafé de Baudelaire : déjà que ça ne va pas fort en ce moment, alors là, c'est la crise cardiaque assurée... :pleur4: :diable:
Quand les Shadoks sont tombés sur Terre, ils se sont cassés. C'est pour cette raison qu'ils ont commencé à pondre des œufs.

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Re: Poésie romanesque

Message par Dona » 21 janvier 2016, 23:34

Montparnasse a écrit :Un autodafé de Baudelaire : déjà que ça ne va pas fort en ce moment, alors là, c'est la crise cardiaque assurée... :pleur4: :diable:

Oh beh qu'est-ce qui se passe ?? 8|

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Re: Poésie romanesque

Message par Montparnasse » 22 janvier 2016, 14:58

GARDELY a écrit : 1/ L'Iliade (Homère): pas lu.... peut-être....pourquoi pas...pour faire un soutien d'étagère....
2/ Les Fleurs du mal (Baudelaire): non, pas lui....étudié au lycée, mauvais souvenir.... ou alors juste pour allumer le feu de camp...
3/ L'Assomoir (Zola) : déjà lu et relu... Je l'emmène quand même pour faire le second soutien d'étagère.....
4/ Le Château (Kafka): Kafka? Oui!! Comme livre de chevet!
5/ Un livre que je n'ai pas lu: la Bible (bah quoi? Ca ferait bien sur mon étagère!) :ange:
1/ Oh, la vilaine... Un vrai carnage poétique. Le 1er livre de l'humanité (au sens littéraire). De vrais dieux (pas ceux d'aujourd'hui). "Debout, les hommes !" Le courage, la force, la volonté, la fraternité !
2/ Mouais... déjà répondu.
3/ Décidément, on va t'acheter une perceuse. ;)
4/ Ah, bon ! D'accord.
5/ Tiens, j'ai oublié "Crime et châtiment" (Dostoïevski)

Et ton choix, justement ?
Quand les Shadoks sont tombés sur Terre, ils se sont cassés. C'est pour cette raison qu'ils ont commencé à pondre des œufs.

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Re: Poésie romanesque

Message par GARDELY » 27 janvier 2016, 21:20

1/ Oh, la vilaine... Un vrai carnage poétique. Le 1er livre de l'humanité (au sens littéraire). De vrais dieux (pas ceux d'aujourd'hui). "Debout, les hommes !" Le courage, la force, la volonté, la fraternité !
2/ Mouais... déjà répondu.
3/ Décidément, on va t'acheter une perceuse. ;)
4/ Ah, bon ! D'accord.
5/ Tiens, j'ai oublié "Crime et châtiment" (Dostoïevski)

Et ton choix, justement ?
1/ 1 Zola
2/ 1 Balzac
3/ 1 Sagan
4/ 1 Pennac
5/ 1 polar :gene2:

Mais quels titres exactement? Je cherche, je cherche......! :taré1:

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Re: Poésie romanesque

Message par Montparnasse » 27 janvier 2016, 21:35

La Bible : je te conseille le Livre de Job et l'Apocalypse de Jean. Je te déconseille les Psaumes et les Proverbes.
Quand les Shadoks sont tombés sur Terre, ils se sont cassés. C'est pour cette raison qu'ils ont commencé à pondre des œufs.

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Re: Poésie romanesque

Message par Dona » 27 janvier 2016, 21:40

GARDELY a écrit :
1/ 1 Zola
2/ 1 Balzac
3/ 1 Sagan
4/ 1 Pennac
5/ 1 polar :gene2:

Mais quels titres exactement? Je cherche, je cherche......! :taré1:


Ah GARDELY !

Tu ne peux en choisir qu'un ! :mrgreen:

- un Zola (Misère, n'en choisir qu'un !)
- un Balzac (aïe!)
- un Sagan (ouille!)
- un Pennac (flûte!)
- un polar (là, je ne suis pas connaisseuse!...)

A la revoyure! :)

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Re: Poésie romanesque

Message par Montparnasse » 27 janvier 2016, 21:48

Moi, en polar, je n'ai lu qu'Agatha Christie. :gene2: Je choisirais "Une poignée de seigle".
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Re: Poésie romanesque

Message par Montparnasse » 11 mai 2016, 17:49

"En écoutant les récits de ces femmes, souvent elle s'enflammait à leurs paroles simples qu'elles répétaient mécaniquement, mais qui pour la princesse Marie étaient chargées d'un sens profond. Aussi, à plusieurs reprises fut-elle sur le point de tout abandonner et de fuir la maison. Déjà elle se voyait cheminant avec Fédossiouchka, un bâton à la main, un sac sur l'épaule, vêtue de loques, sur la route poussiéreuse, allant d'un sanctuaire à l'autre, libre de regrets, d'affections humaines et de désirs, pour parvenir finalement là où il n'y a plus ni tristesse, ni soupirs mais joie éternelle et béatitude.
<< J'arriverai à un endroit, je prierai ; je n'aurai pas le temps de m'y habituer, de m'y attacher, j'irai plus loin. Et j'irai ainsi jusqu'à ce que mes jambes se dérobent, et je m'étendrai et je mourrai quelque part et j'arriverai enfin à ce port paisible, éternel, où il n'y a ni tristesse, ni soupir >>, songeait la princesse Marie.
Mais ensuite, à la vue de son père et surtout du petit Nicolas, sa résolution faiblissait, elle pleurait en cachette et se voyait pécheresse : elle aimait son père et son neveu plus que Dieu."

(La Guerre et la Paix, Léon Tolstoï)
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Re: Poésie romanesque

Message par Montparnasse » 11 mai 2016, 17:52

"Natacha, amaigrie, le visage pâle et sévère (nullement honteuse à la surprise de Pierre) se tenait debout au milieu du salon. Quand Pierre franchit le seuil elle eut un moment d'embarras, se demandant sans doute si elle devait aller à sa rencontre ou l'attendre. Pierre s'avança rapidement ; il croyait qu'elle allait lui tendre la main, mais ayant fait quelques pas elle s'arrêta, respirant avec peine, les bras pendants sans vie, exactement dans l'attitude qu'elle prenait lorsqu'elle gagnait le milieu de la salle pour chanter ; mais son expression était toute différente.
- Piotr Kirilovitch, commença-t-elle précipitamment, le prince Bolkonsky était votre ami, il est votre ami, se reprit-elle (il lui semblait que tout avait sombré dans le passé, que tout était différent à présent). Il m'avait dit de m'adresser à vous...
Pierre se taisait et la regardait en reniflant. Jusqu'ici il lui avait fait des reproches en son for intérieur et s'était efforcé de la mépriser, mais en ce moment elle lui faisait tellement pitié qu'il n'y avait plus place en son coeur pour des reproches.
- Il est ici maintenant, dites-lui... qu'il me par... pardonne...
Elle s'arrêta, sa respiration se fit plus rapide encore. Elle ne pleurait cependant pas.
- Oui... je lui dirai, répondit Pierre, mais...
Il s'arrêta, ne sachant qu'ajouter.
Natacha fut visiblement effrayée de ce que pouvait s'imaginer Pierre.
- Non, je sais que tout est fini, dit-elle hâtivement. Non, c'est fini à jamais. Mais la pensée du mal que je lui ai fait me tourmente. Dites-lui seulement que je lui demande de me pardonner. De me pardonner, de me pardonner tout...
Elle se mit à trembler de tout son corps et s'assit sur une chaise.
Un sentiment de pitié encore jamais éprouvé remplit l'âme de Pierre.
- Je lui dirai, je lui dirai tout encore une fois, mais... j'aurais voulu savoir...
<< Savoir quoi ? >> demanda le regard de Natacha.
- J'aurais voulu savoir si vous avez aimé...
Pierre ne parvenait pas à nommer Anatole et rougit en pensant à lui.
- si vous avez aimé ce mauvais homme.
- Ne l'appelez pas mauvais, dit Natacha. Mais je ne sais rien, rien...
Elle se mit à pleurer.
Et un sentiment plus aigu encore de pitié, de tendresse et d'amour envahit Pierre. Il sentait les larmes couler sous ses lunettes et espérait qu'on ne les remarquerait pas.
- Ne parlons plus, mon amie, dit Pierre.
Sa voix douce, tendre et amicale sonna étrangement aux oreilles de Natacha.
- Ne parlons plus, chère amie, je lui dirai tout ; mais je vous demande une chose : considérez-moi comme un ami, et s'il vous faut une aide, un conseil ou si simplement vous avez besoin d'épancher votre âme devant quelqu'un, pas tout de suite, mais quand vous verrez plus clair en vous, souvenez-vous de moi.
Il lui prit la main et la baisa.
- Je serais heureux de pouvoir...
Il se troubla.
- Ne me parlez pas ainsi, je n'en suis pas digne ! s'écria Natacha, et elle voulut quitter la pièce, mais Pierre la retint par le bras.
Il savait qu'il devait lui dire quelque chose, mais lorsqu'il parla, ses propres paroles le surprirent.
- Ne dites pas ça, non ! toute la vie est devant vous !
- Devant moi ? Non, pour moi tout est perdu, dit-elle dans un mouvement de honte et d'humilité.
- Tout est perdu ? répéta-t-il. Si j'étais non pas ce que je suis, mais le plus beau, le plus intelligent et le meilleur des hommes, et si j'étais libre, je demanderais à cet instant même, et à genoux, votre main et votre amour.
Pour la première fois depuis de nombreux jours, Natacha versa des larmes de reconnaissance et d'attendrissement et ayant jeté un dernier regard à Pierre, elle quitta le salon.
Pierre sortit presque en courant dans l'antichambre, refoulant les larmes de tendresse et de bonheur qui montaient à sa gorge et l'étouffaient. Il endossa non sans peine sa pelisse dont il ne parvenait pas à enfiler les manches et monta dans son traîneau.
- Et maintenant, où dois-je vous conduire ? s'enquit le cocher.
<< Où ? se demanda Pierre. Où donc peut-on aller maintenant ? est-il possible d'aller au Club ou chez quelqu'un ? >> Tout lui paraissait si mesquin, si pauvre en comparaison de ce sentiment de tendresse et d'amour qu'il éprouvait, en comparaison de ce dernier regard adouci, reconnaissant qu'elle lui avait jeté à travers ses larmes.
- A la maison ! dit Pierre, et en dépit des dix degrés de froid il ouvrit sa pelisse d'ours sur sa large poitrine et aspira joyeusement. Le temps était clair et sec. Au-dessus des rues sales et à moitié obscures, au-dessus des toits noirs, s'étendait un ciel sombre et étoilé. Seule la contemplation de ce ciel permettait à Pierre d'oublier l'outrageante bassesse des choses terrestres en regard des hauteurs où planait son âme. Place de l'Arbat, une immense étendue étoilée se découvrit aux yeux de Pierre. Et presque au milieu, au-dessus du boulevard Prétchistensky, entourée et comme parsemée d'étoiles répandues de tous côtés et s'en détachant cependant à cause de sa proximité, de son éclat blanc et de sa longue queue verticale, s'étalait l'énorme comète de 1812 qui, disait-on, annonçait les pires calamités et la fin du monde. Mais chez Pierre, l'étoile à la longue queue rayonnante n'éveillait aucune terreur. Il la contemplait joyeusement, au contraire, les yeux humides de larmes. On eût dit qu'elle avait
franchi à une vitesse incalculable des espaces infinis sur sa trajectoire parabolique et que, soudain, comme une flèche se fichant dans la terre, elle s'était arrêtée et restait plantée là, à l'endroit qu'elle s'était choisi, au milieu du ciel noir, la queue violemment dressée, brillant et jouant de sa blanche lumière parmi le scintillement d'innombrables étoiles. Il semblait à Pierre qu'elle était en parfait accord avec ce qui se passait dans son âme attendrie, épanouie, prête à s'ouvrir à une vie nouvelle."

(La Guerre et la Paix, Léon Tolstoï)
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