Poésies Dona

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Dona
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Poésies Dona

Message par Dona » 25 janvier 2016, 13:18

Bon c'est le fil des poésies que j'aime ! ... :)


Narbonne-plage


La mer ressasse
un mot perdu
Tu tends l'oreille

Des cris d'enfants
les cris des mouettes

Grondant dessous
la mer rumine
sans trêve un mot
de langue morte

Des jours durant
le soleil monte
le soleil meurt
la mer ressasse
le même mot
à ton oreille
des jours durant

Du soir à l'aube
des nuits durant
l'oreille ouverte

Un mot d'amour
d'oubli peut-être

Lourd laineux noir

La mer ressasse
la paix d'un mot
intraduisible

Des jours durant
les cris des mouettes
des cris d'enfants
en langue morte
un mot d'oubli
d'amour peut-être.


Philippe Longchamp 1991
Emploi du temps

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Re: Poésies Dona

Message par GARDELY » 25 janvier 2016, 17:50

C'est beau............. :) :) :)

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Re: Poésies Dona

Message par Dona » 31 janvier 2016, 21:44

Merci GARDELY ! :)

J'aime la poésie simple. Mais puisque Montp' affiche clairement du Rimbaud, alors oui, je dis:



" OPHELIE

Sur l'onde calme et noire où dorment les étoiles
La blanche Ophélia flotte comme un grand lys,
Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles...
- On entend dans les bois lointains des hallalis.

Voici plus de mille ans que la triste Ophélie
Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir
Voici plus de mille ans que sa douce folie
Murmure sa romance à la brise du soir

Le vent baise ses seins et déploie en corolle
Ses grands voiles bercés mollement par les eaux ;
Les saules frissonnants pleurent sur son épaule,
Sur son grand front rêveur s'inclinent les roseaux.

Les nénuphars froissés soupirent autour d'elle ;
Elle éveille parfois, dans un aune qui dort,
Quelque nid, d'où s'échappe un petit frisson d'aile :
- Un chant mystérieux tombe des astres d'or

II

O pâle Ophélia ! belle comme la neige !
Oui tu mourus, enfant, par un fleuve emporté !
C'est que les vents tombant des grand monts de Norwège
T'avaient parlé tout bas de l'âpre liberté ;

C'est qu'un souffle, tordant ta grande chevelure,
À ton esprit rêveur portait d'étranges bruits,
Que ton coeur écoutait le chant de la Nature
Dans les plaintes de l'arbre et les soupirs des nuits ;

C'est que la voix des mers folles, immense râle,
Brisait ton sein d'enfant, trop humain et trop doux ;
C'est qu'un matin d'avril, un beau cavalier pâle,
Un pauvre fou, s'assit muet à tes genoux !

Ciel ! Amour ! Liberté ! Quel rêve, ô pauvre Folle !
Tu te fondais à lui comme une neige au feu :
Tes grandes visions étranglaient ta parole
- Et l'Infini terrible éffara ton oeil bleu !

III

- Et le Poète dit qu'aux rayons des étoiles
Tu viens chercher, la nuit, les fleurs que tu cueillis ;
Et qu'il a vu sur l'eau, couchée en ses longs voiles,
La blanche Ophélia flotter, comme un grand lys."

Arthur Rimbaud

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Re: Poésies Dona

Message par Dona » 31 janvier 2016, 21:53

Le désespoir est assis sur un banc



Dans un square sur un banc
Il y a un homme qui vous appelle quand on passe
Il a des binocles un vieux costume gris
Il fume un petit ninas il est assis
Et il vous appelle quand on passe
Ou simplement il vous fait signe
Il ne faut pas le regarder
Il ne faut pas l’écouter
Il faut passer
Faire comme si on ne le voyait pas
Comme si on ne l’entendait pas
Il faut passer et presser le pas
Si vous le regardez
Si vous l’écoutez
Il vous fait signe et rien personne
Ne peut vous empêcher d’aller vous asseoir près de lui
Alors il vous regarde et sourit
Et vous souffrez atrocement
Et l’homme continue de sourire
Et vous souriez du même sourire
Exactement
Plus vous souriez plus vous souffrez
Atrocement
Plus vous souffrez plus vous souriez
Irrémédiablement
Et vous restez là
Assis figé
Souriant sur le banc
Des enfants jouent tout près de vous
Des passants passent
Tranquillement
Des oiseaux s’envolent
Quittant un arbre
Pour un autre
Et vous restez là
Sur le banc
Et vous savez vous savez
Que jamais plus vous ne jouerez
Comme ces enfants
Vous savez que jamais plus vous ne passerez
Tranquillement
Comme ces passants
Que jamais plus vous ne vous envolerez
Quittant un arbre pour un autre
Comme ces oiseaux.




Jacques Prévert.

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Re: Poésies Dona

Message par Dona » 06 mars 2016, 13:23

" EN CLOQUE ", Renaud ou l'art de l'émotion ! :)



" Elle a mis sur l'mur, au d'ssus du berceau
Une photo d'Arthur Rimbaud
'Vec ses ch'veux en brosse, elle trouve qu'il est beau
Dans la chambre du gosse, bravo!
Déjà les p'tits anges sur le papier peint
J'trouvais ça étrange, j'dis rien
Elles me font marrer ses idées loufoques
Depuis qu'elle est en cloque...

Elle s'réveille la nuit, veut bouffer des fraises
Elle a des envies balèzes
Moi j'suis aux p'tits soins, je m'défonce en huit
Pour qu'elle manque de rien ma p'tite
C'est comme si je pissais dans un violoncelle
Comme si j'existais plus pour elle,
Je m'retrouve planté, tout seul dans mon froc
Depuis qu'elle est en cloque...

Le soir elle tricotte en buvant d'la verveine
Moi j'démêle ses p'lotes de laine
Elle use les miroirs à s'regarder d'dans
A s'trouver bizarre, tout l'temps



J'lui dis qu'elle est belle comme un fruit trop mûr
Elle croit qu'je m'fous d'elle, c'est sûr
Faut bien dire c'qui est, moi aussi j'débloque
Depuis qu'elle est en cloque...

Faut qu'j'retire mes grolles quand j'rentre dans la chambre
Du p'tit rossignol qu'elle couve
C'est qu'son p'tit bonhomme qu'arrive en décembre
Elle le protège comme une louve
Même le chat pépère elle en dit du mal
Sous prétexte qu'y perd ses poils
Elle veut plus l'voir traîner autour du paddock
Depuis qu'elle est en cloque...


Quand j'promène mes mains d'l'autre côté d'son dos
J'sens comme des coups d'poings, ça bouge
J'ui dis : t'es un jardin, une fleur, un ruisseau
Alors elle devient toute rouge
Parfois c'qui m'désole, c'qui m'fait du chagrin
Quand je r'garde son ventre et l'mien
C'est qu'même si j'dev'nais pédé comme un foc
Moi j's'rai jamais en cloque... "


:) :) :)

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Re: Poésies Dona

Message par Dona » 23 mars 2016, 13:43

Victor HUGO (1802-1885)


Les Djinns

Murs, ville,
Et port,
Asile
De mort,
Mer grise
Où brise
La brise,
Tout dort.

Dans la plaine
Naît un bruit.
C'est l'haleine
De la nuit.
Elle brame
Comme une âme
Qu'une flamme
Toujours suit !

La voix plus haute
Semble un grelot.
D'un nain qui saute
C'est le galop.
Il fuit, s'élance,
Puis en cadence
Sur un pied danse
Au bout d'un flot.

La rumeur approche.
L'écho la redit.
C'est comme la cloche
D'un couvent maudit ;
Comme un bruit de foule,
Qui tonne et qui roule,
Et tantôt s'écroule,
Et tantôt grandit,

Dieu ! la voix sépulcrale
Des Djinns !... Quel bruit ils font !
Fuyons sous la spirale
De l'escalier profond.
Déjà s'éteint ma lampe,
Et l'ombre de la rampe,
Qui le long du mur rampe,
Monte jusqu'au plafond.

C'est l'essaim des Djinns qui passe,
Et tourbillonne en sifflant !
Les ifs, que leur vol fracasse,
Craquent comme un pin brûlant.
Leur troupeau, lourd et rapide,
Volant dans l'espace vide,
Semble un nuage livide
Qui porte un éclair au flanc.

Ils sont tout près ! - Tenons fermée
Cette salle, où nous les narguons.
Quel bruit dehors ! Hideuse armée
De vampires et de dragons !
La poutre du toit descellée
Ploie ainsi qu'une herbe mouillée,
Et la vieille porte rouillée
Tremble, à déraciner ses gonds !

Cris de l'enfer! voix qui hurle et qui pleure !
L'horrible essaim, poussé par l'aquilon,
Sans doute, ô ciel ! s'abat sur ma demeure.
Le mur fléchit sous le noir bataillon.
La maison crie et chancelle penchée,
Et l'on dirait que, du sol arrachée,
Ainsi qu'il chasse une feuille séchée,
Le vent la roule avec leur tourbillon !

Prophète ! si ta main me sauve
De ces impurs démons des soirs,
J'irai prosterner mon front chauve
Devant tes sacrés encensoirs !
Fais que sur ces portes fidèles
Meure leur souffle d'étincelles,
Et qu'en vain l'ongle de leurs ailes
Grince et crie à ces vitraux noirs !

Ils sont passés ! - Leur cohorte
S'envole, et fuit, et leurs pieds
Cessent de battre ma porte
De leurs coups multipliés.
L'air est plein d'un bruit de chaînes,
Et dans les forêts prochaines
Frissonnent tous les grands chênes,
Sous leur vol de feu pliés !

De leurs ailes lointaines
Le battement décroît,
Si confus dans les plaines,
Si faible, que l'on croit
Ouïr la sauterelle
Crier d'une voix grêle,
Ou pétiller la grêle
Sur le plomb d'un vieux toit.

D'étranges syllabes
Nous viennent encor ;
Ainsi, des arabes
Quand sonne le cor,
Un chant sur la grève
Par instants s'élève,
Et l'enfant qui rêve
Fait des rêves d'or.

Les Djinns funèbres,
Fils du trépas,
Dans les ténèbres
Pressent leurs pas ;
Leur essaim gronde :
Ainsi, profonde,
Murmure une onde
Qu'on ne voit pas.

Ce bruit vague
Qui s'endort,
C'est la vague
Sur le bord ;
C'est la plainte,
Presque éteinte,
D'une sainte
Pour un mort.

On doute
La nuit...
J'écoute : -
Tout fuit,
Tout passe
L'espace
Efface
Le bruit.


................................................................................................................................................................................. De 3 à 12 vers, crescendo puis decrescendo ! Quelle prouesse ! :coeur:

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Re: Poésies Dona

Message par Dona » 23 mars 2016, 13:44

C'est dommage qu'on n'a pas la fonction "centrer" le texte...

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Re: Poésies Dona

Message par Montparnasse » 23 mars 2016, 15:09

Dona a écrit :C'est dommage qu'on n'a pas la fonction "centrer" le texte...
Suffit de demander... :]
Quand les Shadoks sont tombés sur Terre, ils se sont cassés. C'est pour cette raison qu'ils ont commencé à pondre des œufs.

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Re: Poésies Dona

Message par Dona » 07 mai 2016, 11:01

DEMONS ET MERVEILLES



La fameuse chanson du film Les Visiteurs du Soir, de Marcel Carné.



Démons et merveilles
Vents et marées
Au loin déjà la mer s'est retirée

Démons et merveilles
Vents et marées
Et toi
Comme une algue doucement caressée par le vent
Dans les sables du lit tu remues en rêvant

Démons et merveilles
Vents et marées
Au loin déjà la mer s'est retirée
Mais dans tes yeux entrouverts
Deux petites vagues sont restées

Démons et merveilles
Vents et marées
Deux petites vagues pour me noyer.



(Paroles, Jacques Prévert)


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Re: Poésies Dona

Message par Dona » 25 juin 2016, 20:46

PARS Jacques Higelin

Pars, surtout ne te retourne pas
Pars, fait ce que tu dois faire sans moi
Quoiqu'il arrive je serait toujours avec toi
Alors pars et surtout ne te retourne pas

Oh pars... mais l'enfant
L'enfant il est la il est avec moi
C'est drôle quand il joue il est comme toi
Impatient
Il a du coeur, il aime la vie
Et la mort ne lui fais pas peur

Alors pars
Surtout ne te retourne pas
Oh pars
Mais qu'est ce que t'as
Oh pars et surtout revient-moi
Vite !

[youtube]RnZPnHpIvzo[/youtube]

:coeur:

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