Cupidon est malade

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Dona
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Cupidon est malade

Message par Dona » 09 janvier 2016, 22:12

Mardi 15 décembre 2015, Nantes, j'ai vu la pièce de Jean Bellorini : « Cupidon est malade ».



Cupidon est malade c'est ça :

http://www.legrandt.fr/spectacles/cupidon-est-malade

mais pas seulement. ..



D'abord, c'est entrer dans la grande salle de théâtre du Grand T et guidé par une armée de jeunes gens, garçons et filles, vêtus de noir trouver sa place.
Quelle joie ! Rang C, place 13, c'est à trois rangs de l'immense scène qui porte déjà le décor de la pièce qui va être jouée : un terrain de foot ! Oui, une immense pelouse (synthétique) est plantée là. C'est aussi le vrombissement vertigineux de centaines de spectateurs en train d'arriver et de descendre les divers escaliers de cette très grande salle en hémicycle dont les sièges s'étalent du rang A au rang Z ; c'est le bavardage incessant des gens qui s'installent, enlèvent leurs vêtements les plus chauds, essaient de les ranger au mieux et font des commentaires sans fin sur le mini livret qui présente la pièce et qu'ils viennent de lire.
C'est des dizaines de lycéens venus là avec leurs professeurs et qui s'exclament à la vue du ballon de foot posé sur le gazon, des dizaines de lycéens qui s'esclaffent entre eux et que certains regardent déjà un petit peu de travers en se retournant.
Et déjà, dans le clair-obscur des projecteurs, des ombres déjetées se meuvent dans l'arrière-scène. C'est quoi ? se demande la foule qui continue d'arriver ou de s'asseoir ou de parler.
C'est un musicien posté devant un immense tambour dont je ne connais pas le nom ; et une pianiste qui s'installe devant un piano à queue. C'est déjà magique … Progressivement, un comédien puis deux entrent en scène, s'asseyent par terre. Une jeune fille habillée en toute petite fille, un jeune homme vêtu comme un petit garçon. J'entends crier derrière moi ! C'est des copines ! 5 ou 6 ? 7 en tout dont une avec ses enfants. Le temps qu'on se bise, ce qui sous-entend qu'on fasse lever tous les spectateurs de notre rangée, quatre comédiens entrent en scène : 2 hommes et 2 femmes. Et ils commencent à jouer au ballon. Ils font des passes, tranquilles, sans bruit, réceptionnent au pied la balle, sans parler. Ca devrait commencer.
Ca commence ...

Ca commence quand les portes se ferment et que les lumières, petit à petit, s'éteignent. Le bruissement de la foule cesse d'un coup. Et la première réplique est lancée :
« Je ne sais pas combien de fois vos parents se sont mariés ... »
C'est le moment où, privilégié, on regarde d'un œil complice celui ou celle qui vous a accompagné. On a de la chance d'être au théâtre ! Et quoiqu'il arrive, on pourra toujours dire : « J'y étais ! »

La pièce raconte l'histoire de deux couples divorcés qui se remarient . Les deux enfants issus de ces deux unions distinctes voient d'un œil plein de désillusion le remariage de leurs parents respectifs. Mais Cupidon est malade. Et les amours ne prennent pas le cours qu'elles auraient dû prendre ! La comédie est fine car beaucoup de tirades, de trucages et d'allusions au monde contemporain rendent la pièce drôle en plus d'être pertinente. Mais là n'est pas ce qui est le mieux réussi. La prouesse tient au fait que chaque comédien ait droit à son morceau de bravoure. Le déplacement focal se fait d'ailleurs grâce à une ruse scénique : un mini pétard explose dans la poche des comédiens. C'est le signe d'un sortilège jeté par le dieu de l'amour. C'est donc un nouvel amoureux qui entre en scène.
En plus de l'imbroglio qui fait s'unir et se désunir tous ces personnages, la musique rythme ce spectacle bourré d'énergie. L'humour et la poésie, la délicatesse de certaines remarques et le thème du coup de foudre font penser, c'est vrai au Songe d'une nuit d'été. C'est extravagant et comique ; subtil et passionné ; tendre et acidulé.
Ah super spectacle !

Lien vidéo :

[youtube]TfHVsI7WiXM[/youtube]

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